
ELECTION PRÉSIDENTIELLE
EN ALGÉRIE
1er tour : 8 avril 2ème
tour : 22 avril 2004
La tradition en Algérie veut que
le président sortant ait derrière lui l'appui de
l'administration. L'élection de jeudi prochain comporte
un élément nouveau : l'intérêt réel des Algériens.
Il y a une attente et une mobilisation citoyenne très
fortes. C'est apparemment l'une des surprises de cette
fin de campagne.
Malgré son optimisme et sa
volonté, le Président Bouteflika est prisonnier d'une séquence
historique, celle de l'Algérie triomphante des années
soixante-dix lorsqu'il était ministre des Affaires étrangères.
Mais l'Algérie a évolué depuis. Elle ne se gouverne
plus comme il y a trente ans. Le temps où l'on amenait
les gens en camion pour voter pour le candidat unique est
terminé. Une nouvelle génération apparaît. Ce sont
tous des enfants du satellite et de la parabole, qui
n'ont pas connu les années Boumédienne ou Chadli.
I LE CONTEXTE
ISLAMISTE EN ALGÉRIE
Le scrutin du 8 avril se profile
dans un contexte difficile sur tous les plans, économique,
politique, sécuritaire. Le terrorisme endémique n'est
pas totalement maîtrisé (90 morts par mois en 2003).
En dix ans, le PIB par habitant a
été divisé par deux, 6 millions d'Algériens vivent en
dessous du seuil de pauvreté, 30 % de la population
active est au chômage. Le décalage se creuse entre une
Algérie moyenne rurale et urbaine et les privilégiés.
S'y ajoute la ruine des petits porteurs dans la faillite
de la Khalifa-Bank.
Traditionnellement, l'armée gère
le jeu institutionnel et influence les processus électoraux.
Cette fois, en proclamant sa neutralité et en refusant
d'adouber un candidat, elle met en évidence la fragilité
du jeu politique.
Certes, le président-candidat
dispose d'atouts : son emprise sur l'administration
locale. Par contre, son bilan est mitigé. Certains
parlent de catastrophe, d'autres sont plus indulgents,
mais sur le fond : chômage, tremblements de terre, grèves
des enseignants, situation en Kabylie, manipulation des médias,
éclatement du FLN, semblent avoir fait l'unanimité
contre lui. L'opposition politique est divisée et
affaiblie. Le parti islamiste Al-Islah pourrait devenir
un concurrent pour le président, mais aux dernières
nouvelles, il ne représenterait guère plus de 20 % de
l'électorat, ce qui ne signifie d'ailleurs pas que les
Islamistes en soient réduits à ce chiffre. Le parti
d'Abdallah Djaballah peut être considéré comme la
première composante islamiste. Ce parti prétend jouer
un rôle important dans les processus de réhabilitation
de la société (structuration du tissu social). La
neutralité de l'armée s'expliquerait par un souci de
cette institution de restaurer une légitimité ébranlée
par l'interruption du processus électoral en 1992 et les
accusations de massacres collectifs.
II LA RÉALITÉ ÉLECTORALE
Depuis le mois de février le
renforcement des positions du Président Bouteflika,
caractérisé par de nombreux ralliements dont le Hamas
et le Syndicat UGTA, permet de penser que sa réélection
sera probable.
Toutefois, un élément
d'incertitude est apparu, fondé sur l'animosité
personnelle du Chef d'Etat major des Armées, le Général
Mohamed Lamari, envers le Chef de l'Etat. Certains
dirigeants militaires seraient en train de soutenir plus
vigoureusement M. Ali Benflis, un Berbère originaire des
Aurès, dans l'est du pays. L'ouest est au contraire le
bastion du président sortant.
Avec le temps, la campagne s'est
durcie. Selon M. Benflis : "Il faut en finir avec le
système. Nous avons besoin de gens intègres. Ne vous
soumettez pas au prince du moment. Votez en masse et
surveillez les urnes".
Le processus électoral est le
plus démocratique qu'ait connu l'Algérie depuis 1991 :
la grande majorité de la population aspire à la
tranquillité après une décennie de troubles graves.
Bouteflika comme Benflis, son ancien premier ministre,
semblent convaincus de l'emporter et n'envisagent leur défaite
qu'en cas de fraude massive au profit de l'adversaire. La
question des rapports entre l'institution militaire et le
pouvoir présidentiel restera l'enjeu central de l'après
élection.
Le Président Bouteflika a, pour
sa part, indiqué que s'il était réélu il souhaitait
engager une révision de la Constitution afin de donner
un caractère plus présidentiel au régime. Un conflit
larvé entre l'institution militaire et le pouvoir civil
constituerait un scénario dangereux.
Pour nous Français, la situation
de ce pays, riche en habitants, en pétrole et en gaz,
doit être suivie avec attention.
LE NIGERIA ET SES PROBLEMES
janvier 2004
Le Nigeria dispose d'une
superficie de presque deux fois la France. Le pays a un
poids considérable en Afrique de l'Ouest. C'est un géant
démographique.
Colonie britannique
depuis 1861, le Nigeria a obtenu son indépendance en
1960. C'est l'un des grands pays pétroliers de l'Afrique.
En 1967, l'ancienne région de l'ouest se proclama République
indépendante du Biafra, d'où une guerre civile qui
durera jusqu'en 1970. Le Nigeria a connu de nombreuses
dictatures militaires. Sous l'autorité du Président
Obasanjo, un ancien général, il connaît un "régime
démocratique", dont on se demande s'il est durable.
I DE MULTIPLES
PROBLEMES
Le Nigeria forme une
mosaïque de peuples, avec plus de 250 groupes ethniques,
possédant chacun sa langue et son mode de vie. Parmi les
principaux : Ogbo, Yoruba et Hausa, représentant la
moitié des habitants. La population, en 2003, atteint
134 millions de personnes. Elle devrait dépasser les 200
millions en 2025. L'indice de fécondité est encore de 5,8
enfants par femme.
La division ethnique,
l'instabilité politique, parfois même l'état de guerre
larvé, la corruption des élites, la lutte pour le contrôle
des matières premières désorganisent les budgets et
les infrastructures. L'indice de développement humain
place le Nigeria en 152ème position sur 175.
Tous les pays qui le suivent dans le classement sont des
pays africains, au Sud du Sahara.
II LE PÉTROLE
EST-IL UNE MALÉDICTION ?
La part du pétrole
africain vendu aux Etats-Unis devrait atteindre 25 % en
proportion ne sera pas très éloignée de celle du 2005.
Cette Moyenle Gabon, la Guinée Équatoriale, São -Orient.
Avec l'Angola, Tome, le Cameroun, et plus récemment le
Tchad et le Soudan, le Nigeria est devenu un acteur
important de l'énergie mondiale.
Pour le Président du
Nigeria, "le pétrole et le gaz" aveuglent les
pays de la région. Beaucoup de pays pétroliers n'ont
pas trouvé les moyens de transformer le pétrole en
prospérité pour leur population. L'influence du pétrole
tend à réduire les secteurs agricoles, les mines et même
le tourisme. Il y a, bien entendu, des exceptions, en
Norvège et aux Etats-Unis où le pétrole accompagne le
développement général. Le contre exemple est celui de
l'Angola où la corruption s'étend.
III L'IMPORTANCE
DE LA DIVISION NORD-SUD en AFRIQUE DE L'OUEST
Le Nigeria devient
rapidement deux Etats. Le Sud correspond au pays chrétien
et aux ressources pétrolières abondantes. Le Nord,
musulman, applique la "Sharia" (loi islamique).
Cette division nord-sud se retrouve dans d'autres pays,
comme le Ghana et le Bénin. La même ligne de fracture
apparaît en Côte d'Ivoire, longtemps considérée comme
un modèle de prospérité et de tolérance.
A travers l'Ouest
africain, on peut distinguer des moteurs économiques au
sud et les rigueurs de la Savane au nord. C'est dans les
régions les plus déshéritées que le Pakistan,
l'Arabie Saoudite et la Libye envoient leurs émissaires.
L'Afrique de l'Ouest n'est pas une cause perdue. Le Ghana
et d'autres pays constituent de bons exemples. Pour
enrayer les spirales de violence, il faut davantage de
considération et d'intérêt de la part de la communauté
internationale.
L'AVENIR DE
L'AFRIQUE AU SUD DU SAHARA
Janvier 2004
Dans une époque de prospérité globale, 40 % des 600
millions d'Africains qui vivent au Sud du Sahara ont
moins d'un dollar, par jour, pour leur existence. Un
tiers des 53 Etats se trouve affecté par un conflit. Les
propos sur le continent sont pessimistes. On parle d'un
espace sans espoir. Un livre récent de Stephen Smith a
pour titre : "Négrologie Pourquoi l'Afrique
meurt".
Durant la guerre froide, le continent noir était
soutenu par les deux blocs antagonistes. Maintenant il
apparaît ravagé par des conflits : Près de trois
millions de morts depuis 1998.
Si l'Afrique est loin derrière les autres continents,
on note cependant des indices d'explication et de
changement.
I DES ÉLÉMENTS POUR COMPRENDRE
- L'aide du Plan Marshall, après la seconde
guerre mondiale, a représenté 2,5 % du PNB de pays
comme la France ou l'Allemagne. En Afrique, on estime que
l'aide, en 1996, a représenté jusqu'à 16 % du PNB et,
plus encore dans certains pays, comme le Rwanda et le
Mozambique. L'une des grandes déceptions de notre époque
a été de constater que l'aide étrangère n'améliorait
pas sensiblement les situations.
- Deuxième observation : l'Afrique constitue un
continent hétérogène. Quelques pays ont réussi, par
exemple le Botswana et l'Ile Maurice. D'autres ont eu des
résultats particulièrement mauvais : le Liberia, le
Sierra Leone et la Somalie.
Enfin, si l'Afrique connaît globalement tant de
difficultés, elle le doit aux résultats de grands pays
: la République démocratique du Congo, l'Ethiopie et le
Nigeria, pays les plus peuplés. Les plus performants
paraissent être la Tunisie, l'Afrique du Sud, le Maroc
et l'Algérie (dont trois sont des pays d'Afrique du Nord).
Les moins favorisés sont le Tchad, le Niger, le Burundi,
la République du Centrafrique et le Mali.
II LA RÉPONSE DE L'OCCIDENT A LA CRISE DE
L'AFRIQUE
L'Afrique ne représente que 1 % du produit mondial
brut, alors que les pays au Sud du Sahara disposent de 11
% de la population globale. Il serait faux de penser que
le continent est particulièrement pauvre. Il fournit 11
% du pétrole aux Etats-Unis. Le Nigeria en est le 5ème
fournisseur. Malgré ses richesses, l'état de l'Afrique
est une cicatrice sur la conscience du monde.
Le continent ne laisse pas indifférent. 13 % de la
population américaine considèrent que leurs ancêtres
sont d'origine africaine. En 2050, l'Afrique pourrait
représenter 22 % de la population mondiale, contre 9 %
en 1950. Les organisations non gouvernementales sont de
plus en plus nombreuses à se dévouer à la cause
africaine. L'afro-pessimisme ne manque pas d'argument
puisqu'on estime que 120 millions d'enfants sont
orphelins.
Les Etats-Unis font porter leurs efforts sur quatre
Etats : l'Ethiopie, le Kenya, le Niger et l'Afrique du
Sud. La France, elle, est surtout orientée vers le Sénégal,
la Côte d'Ivoire et le Cameroun. Les difficultés
restent présentes. Au Nigeria, la fracture nord-sud est
à la base des principaux problèmes et cette division se
retrouve également en Côte d'Ivoire.
Point positif sur la nécessité d'aider l'Afrique :
on constate un accord de principe entre Etats-Unis,
France, Grande-Bretagne, Japon, Pays Nordiques, etc
III LA POSITION PARTICULIERE DE L'AFRIQUE DU
SUD
L'Afrique du Sud génère 45 % du produit national des
pays au sud du Sahara. Elle bénéficie de l'aura
exceptionnelle de Nelson Mandela et, depuis 1990, de
Thabo Mbeki. Le pays fait figure d'une zone développée
et bénéficie d'une forte personnalité. Il n'hésite
pas à s'opposer à certaines positions des grands pays,
notamment au Moyen-Orient et sur le problème du Zimbabwe.
Ceci s'explique par le combat mené contre l'apartheid
et le colonialisme. Bien que la communauté musulmane ne
représente que 2 % des 42 millions d'habitants d'Afrique
du Sud, son influence est défendue par le pouvoir.
Pretoria cherche une politique d'équilibre entre les
Etats-Unis et le reste de l'Afrique.
IV UNE VISION DE l'AVENIR
Deux évènements permettent d'espérer un futur
meilleur : la création du partenariat pour le développement
de l'Afrique, en 2001 (NEPAD) et la naissance de l'Union
africaine, en 2002. Il ne s'agit plus d'initiatives
étrangères, mais des responsables africains, eux-mêmes,
soucieux des grands problèmes du continent : paix, sécurité,
démocratie, bonne gouvernance, investissements, etc
Il est prévu que les Africains porteront des jugements
critiques sur les régimes et sur l'évolution de la démocratie.
Parmi les pays fondateurs, se trouvent l'Algérie,
l'Egypte, le Nigeria, le Sénégal et l'Afrique du Sud.
Depuis la création du NEPAD, on constate des accords
de paix, notamment en Afrique Centrale et au Soudan. Ce
qui sera surtout recherché sera l'accès aux marchés
des pays développés. L'ouverture du commerce pourrait
permettre à l'agriculture africaine d'améliorer son développement
(exemple : le problème du coton au Mali).
Certains se demandent si pour rétablir la paix en
Afrique, il ne faudrait pas modifier les frontières définies
par la colonisation pour tenter de résoudre notamment
les problèmes des Tutsis et des Hutus, après le génocide
au Rwanda, en 1994.
La situation de l'Afrique est sérieuse. Elle n'est
pas désespérée et elle demande des efforts des
Africains et du monde entier.
L'EFFONDREMENT ECONOMIQUE DU ZIMBABWE
Mai 2003
Ancienne colonie
britannique de Rhodésie du Sud (de 1923 à 1965) puis République
de Rhodésie dominée par un coup de force de la minorité
blanche (régime de Ian Smith), le Zimbabwe a accédé à
lindépendance le 18 avril 1980. Depuis, Robert
Mugabe et son parti ZANU-PF dirigent sans partage le pays.
Autrefois grenier de lAfrique
australe et considéré il y a peu comme le fer de lance
du continent africain, le Zimbabwe voit son économie seffondrer.
Il vient de subir en trois ans une récession cumulée de
près de 20%. Le pays paye très cher les erreurs qui se
sont enchaînées ces dernières années.
I Un
régime contesté
A Atteintes
aux libertés.
Depuis plus de vingt
ans, Robert Mugabe jouit du soutien du Politburo du ZANU-PF
et de larmée, et ses partisans dominent le pouvoir
judiciaire. Cette situation sexplique par la
suppression de toute tentative dopposition :
nouvelles lois restrictives sur linformation et la
sécurité renforçant les pouvoirs de police et
proscrivant les réunions publiques, harcèlement du
parti dopposition et de la société civile,
arrestation de syndicalistes. Le seul parti dopposition,
le MDC (Mouvement pour la démocratie et le changement),
a vu ses militants agressés ou enlevés, son candidat
Morgan Tsvangirai accusé dun complot contre le
chef de lEtat (son procès pour trahison a débuté
le 3 février dernier).
Le Président Mugabe a
été réélu le 11 mars 2002. Il a remporté le scrutin
par 56,2% des voix contre 42% pour le MDC, selon les résultats
officiels. Mais la campagne et le scrutin ont été marqués
par de graves irrégularités. Les observateurs de lUnion
européenne ont été expulsés, seuls les délégués de
lOUA (Organisation de lunité africaine), du
Commonwealth et de la SADC (Communauté de développement
de lAfrique australe) étant admis. Outre les
violences et intimidations commises, 30 % des bureaux de
vote situés dans les zones où dominait le MDC ont été
supprimés, rendant impossible le bon déroulement du
scrutin dans les délais.
B Réaction de
la communauté internationale.
Suite aux violences
commises lors des élections, le Zimbabwe a été exclu
des réunions du Commonwealth. Le pays a vu ses relations
avec lUnion européenne et les bailleurs de fonds
se dégrader. LUE a ainsi imposé des sanctions
ciblées, telles que le gel des avoirs, linterdiction
de déplacement sur le territoire européen, un embargo
sur les armes, la révision de laide européenne.
La Grande-Bretagne,
ancienne puissance coloniale qui possède dimportants
intérêts humains (32 000 ressortissants) et économiques
au Zimbabwe, est le moteur de la politique de sanction et
disolement menée par lUE. La France
souhaiterait privilégier le dialogue politique. Les
pressions exercées sur le chef de lEtat, loin débranler
sa détermination, ne font, semble-t-il, que le
convaincre de la justesse de son combat : la lutte
contre limpérialisme occidental pour une « décolonisation
totale » du Zimbabwe.
Le Président Mugabe
tente de réduire son isolement en diversifiant ses
relations vers lAsie (le Japon, son premier
bailleur de fonds, la Chine, la Malaisie) ou vers le
Moyen-Orient (notamment la Libye). Il entretient surtout
de bonnes relations avec les Etats membres de la SADC,
souhaitant favoriser une intégration régionale indépendante
de la tutelle de lAfrique du sud dont lhégémonie
linquiète.
Robert Mugabe a dailleurs
reçu le soutien des principaux pays dAfrique lors
des élections présidentielles. Ces élections ont une
fois de plus mis en relief le fossé qui se creuse entre
les Occidentaux et les Africains. Pour ces derniers, le véritable
crime que lon impute à Mugabe est davoir décrété
loccupation des terres appartenant à des fermiers
blancs, pour les « restituer » aux nationaux
II Une
mauvaise gestion économique
A Une forte dégradation
depuis cinq ans.
Après une politique dessor
économique et social, le pays est apparu fortement
endetté au début des années 1990. Les dépenses se
sont accumulées : argent versé en cadeau aux
anciens combattants de la guerre dindépendance, dépenses
non chiffrées pour venir en aide au Président Kabila
dans la guerre de la République du Congo. Le Zimbabwe
dut souscrire à la politique dajustement
structurel du FMI mais le climat de corruption et de
mauvaise gestion acheva de faire sombrer le pays dans une
grave crise économique : inflation atteignant 175,5%
en décembre 2002, disparition des devises étrangères,
pénuries de carburants et dalimentation, taux de
chômage de plus de 60% en mai 2002. Selon le Programme
alimentaire mondial, les trois-quarts de la population
vivraient au dessous du seuil de pauvreté. Les aléas
climatiques ne sont pas les seuls responsables de la
crise alimentaire qui sévit actuellement : la récente
réforme agraire a complètement déstructuré lagriculture.
B La réforme
agraire.
Au début des années
1990, le Président Mugabe et son parti ont voulu enrayer
le mécontentement croissant de la population (premières
émeutes de la faim). Ainsi a été décidée la « redistribution »
des terres. Cet événement trouve son origine dans le
passé colonial du pays :
Au moment de lindépendance,
en 1980, 6000 fermiers blancs possédaient 15,5 millions
dhectares, dont 45% des terres les plus productives.
Des accords prévoyaient une redistribution dont les bénéficiaires
devaient être les noirs en manque de terres cultivables.
Mais le Président Mugabe, entendant que Londres, de par
sa « responsabilité historique », finance lopération,
la répartition ne connut pas davancées
significatives.
Alors que la situation
économique du pays était déjà très dégradée, le Président
Mugabe fit adopter par le Parlement, en avril 2000, un
amendement constitutionnel qui autorisait lexpropriation
sans compensation de 3270 grandes exploitations. Le Président
Mugabe encouragea ensuite un mouvement doccupations
illégales de 1700 propriétés. Une période dextrême
confusion a suivi (destruction de biens et violences
physiques).
Les lots les plus
rentables ont été offerts à des cadres ou
fonctionnaires proches du régime, pendant que des
milliers de petits paysans ont hérité de lopins arides,
dépourvus deau, de semences ou de matériel
agricole. Lobjectif du Président Mugabe de
redistribuer plus de 10 millions dhectares a été
atteint mais cette redistribution ne sest accompagnée
daucune mesure de soutien ou de formation pour les
petits fermiers noirs. Ceux-ci nont plus accès aux
intrants compte tenu de la hausse des prix. Les conséquences
de cette réforme mal menée ont été leffondrement
de la production de céréales et du tabac, lexpulsion
denviron 230 000 travailleurs noirs et le départ
de la plupart des fermiers blancs.
Conclusion
Le pays traverse une période
de grave crise alimentaire car aux erreurs politiques
sont venus sajouter les dommages de la sécheresse.
La production céréalière (pour lessentiel du maïs)
a chuté de 57% par rapport à la faible récolte de 2000/2001.
La crise exacerbe également limpact de la pandémie
du SIDA, dans un pays où 34% des adultes sont atteints
par le virus.
Seuls une politique de
rigueur, la levée des contrôles sur les changes et les
mouvements des capitaux, la mise en uvre dune
aide aux nouveaux fermiers noirs et le renforcement de la
gouvernance économique pourraient inverser le déclin.
Une mission de consultation du FMI en mars 2003 a conclu
que le pays senfonce dans la crise et que la récession
continuera en 2003.
Quant aux pays de la région,
ils redoutent pour eux-mêmes la contagion de la réforme
agraire;
LA SITUATION INTÉRIEURE MAROCAINE
Mai 2003
Le Maroc s'étend
sur 710.000 km2, (si l'on tient compte du Sahara
occidental). Il a environ 30 millions d'habitants, sa
croissance démographique reste élevée : + 1,6 % en
2002, et il devrait compter 39 millions d'habitants
vers 2025. 45 % de la population est berbérophone.
Le PIB du pays s'élève
à 40 milliards de dollars ce qui, par habitant, donne un
chiffre de 1.361 dollars en 2002.
Plus de 5 millions
de personnes vivent dans des conditions précaires et le
taux de chômage serait supérieur à 12 %. Il atteint
surtout les jeunes.
Le Maroc réalise
près de 60 % de ses échanges commerciaux avec les pays
de l'Union européenne, principalement la France, suivie
de l'Espagne.
40 % des Marocains
sont francophones. Si la Communauté française au Maroc
comprend 25.000 personnes, la communauté marocaine en
France s'élève à 800.000 personnes.
I - MOHAMED VI A
MARQUÉ LE PAYS DE SON EMPREINTE AVEC LES ELECTIONS
LEGISLATIVES DE SEPTEMBRE 2002
La succession
dynastique, intervenue le 23 juillet 1999, s'est faite
sans difficulté, montrant l'existence d'un consensus au
Maroc autour de l'institution monarchique.
Les espaces de
liberté se sont élargis et l'emprise de l'appareil sécuritaire
a été desserrée grâce à la volonté du roi.
Les élections législatives
marocaines du 27 septembre 2002 se sont déroulées dans
le calme. A noter cependant, un faible taux de
participation de 51,61 % contre 58,3 % en 1997.
L'Union Socialiste
des Forces Populaires (USFP) est arrivée en tête,
remportant 50 sièges, suivie du Parti de l'Istiqlal : 48
sièges. Le Parti islamiste "Justice et Développement"
(PJD) a obtenu 42 sièges. Il n'en comptait que 14 dans
le Parlement sortant. Il apparaît donc comme l'un des
grands gagnants du scrutin en devenant la troisième
force politique. Les principaux responsables du PJD ont
tous été élus et les Islamistes ont réalisé un raz
de marée dans les grandes agglomérations. Parti proche
du pouvoir, le PJD ne constitue pas aujourd'hui une
menace pour le royaume, puisqu'il accepte les règles du
jeu politique. Il ne faudrait pas cependant idéaliser
cette situation car les Islamistes marocains s'en
prennent parfois à la culture française. Nos instituts
culturels sont accusés de "diffuser les valeurs de
la décadence morale par le biais de leur enseignement et
de leur programmation".
Le roi reste
l'arbitre du jeu politique. Mohamed VI marque définitivement
le pays en choisissant son premier ministre. Le "Makhzen",
terme générique désignant le système monarchique,
continue donc de contrôler le champ politique. L'état
de grâce royal a aussi ses limites : les attentes de la
population demeurent fortes dans le domaine économique
et social. Plusieurs réformes ont été mises en uvre,
notamment dans les domaines de la justice et du
terrorisme.
II - LE CHAMP
POLITIQUE MAROCAIN : EMPRISE DU "MAKHZEN", INTÉGRATION
DE TOUTES LES FORCES POLITIQUES ET L'INCONNUE ISLAMISTE
Le 7 novembre 2002,
un nouveau gouvernement a été nommé, comprenant trois
femmes. Il a, en partie, déçu l'opinion publique. Le
Parti Islamiste (PJD) occupe le devant de la scène en
apparaissant comme la seule grande force d'opposition.
La mouvance
islamique au Maroc se compose principalement de deux
formations distinctes. Les Islamistes du PJD, créé le 4
octobre 1998, sont reconnus par le régime. Ils
participent au gouvernement, contrairement au mouvement
de Cheikh Yassine ("Justice et Bienfaisance"),
qui n'est pas reconnu mais toléré. Il constitue la
seule véritable force sur l'échiquier, susceptible de
s'opposer au "Makhzen". Les autorités
travailleraient sur un schéma éventuel d'intégration
des Islamistes de la mouvance de Cheikh Yassine dans le
jeu politique, mais l'opération est difficile parce que
cette organisation souhaite l'abolition de la monarchie.
Après les
attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, la
situation est suivie avec beaucoup d'attention au Maroc.
Plusieurs affaires
démontrent qu'un Islamisme salafiste a pris pied au
Maroc et pourrait se réclamer de Ben Laden. Avec l'aide
des services américains, une cellule d'Al-Qaïda a été
démantelée en juin 2002. En attendant, les Islamistes
s'imposent comme l'élément le plus actif de la vie
politique. Le PJD travaille dans l'optique des élections
communales reportées à septembre 2003.
La vie politique
se caractérise par une très grande fragmentation.
22 partis sont, en effet, représentés à la Chambre.
Le Maroc demeure
le premier pays aidé par la France dans le monde, bénéficiant
d'une aide publique française estimée à 194 millions
d'euros en 2002.
Notre pays
maintient un poids prépondérant dans les échanges et
les financements extérieurs du pays. Nous continuons à
être le premier partenaire commercial et le premier
investisseur étranger.
La Cinquième
Rencontre des Chefs de Gouvernement se tiendra le lundi
16 juin prochain au Maroc et il est prévu une
visite du Président de la République au mois d'octobre
2003.
NB : Cet
article a été rédigé avant les attentats du 17 mai.
LYBIE ELUE A LA PRESIDENCE
DE LA COMMISSION DES DROITS DE L'HOMME DE L'O.N.U.
Février 2003
Le 20 janvier
dernier, la Libye a été élue pour un an à la présidence
de la Commission des droits de lhomme de lONU.
Comment un tel choix a-t-il pu se faire ?
Chaque année, la
présidence tournante est assurée par lun des cinq
groupes géographiques qui composent la Commission. Pour
2003, cétait au tour des pays africains davoir
un président. Ils se sont prononcés en faveur de la
candidature libyenne. Contrairement à la tradition selon
laquelle le président des travaux de la Commission est désigné
par acclamation, il a été procédé à un vote à
bulletins secrets. Outrés par la candidature libyenne,
les Américains ont obtenu cette modification de la procédure
mais le résultat nen a pas été modifié. Mme
Najat Al-Hajjaji, ambassadeur le Libye auprès des
Nations-Unies, a ainsi été élue par 33 voix sur 53.
Des positions défendues par les uns et les autres avant
le vote, on peut reconstituer ce qua été le
scrutin : les pays représentant le « Sud »
dont Cuba, le Soudan et lAlgérie, ont voté pour
la Libye ; les sept pays représentant lUnion européenne,
dont la France, se sont abstenus ; les États-Unis,
le Canada et le Guatemala ont voté contre.
Le choix de la
candidature libyenne a été très critiqué par les États-Unis
et par plusieurs ONG de défense des droits de lhomme,
en raison des abus commis dans ce pays. Le régime du
colonel Kadhafi est notamment accusé davoir
commandité plusieurs attentats terroristes dont celui de
décembre 1988 contre un Boeing de la PanAm au-dessus du
village écossais de Lockerbie. 270 personnes avaient
alors trouvé la mort. La Libye a aussi été mise en
cause dans lattentat contre un DC-10 dUTA au
dessus du désert du Ténéré, au Niger, en 1989.
Le passé et les
zones encore obscures de sa politique font que la société
libyenne napparaît pas particulièrement comme une
référence en matière de droits de lhomme. Ce qui
vient de se produire est choquant :
- en ce qui concerne la
Libye, qui obtient un satisfecit ;
- en ce qui concerne les
Nations-Unies, dont le fonctionnement se trouve décrédibilisé ;
- en ce qui nous
concerne, poussés à labstention pour ne pas
heurter de front le « bloc du Sud ».
Lévénement sinscrit
dans une suite logique : la Libye a profondément
changé dorientation ces dernières années. Aussi
est-il utile détudier ce qua été le pays
et ce quil est devenu aujourdhui.
I Kadhafi et
le Livre vert
Anciennement colonie
italienne, la Libye est indépendante depuis 1951. La
Libye ne sortit de la misère quà partir de la découverte
de pétrole dans son sol, en 1958. Les revenus du pays
furent multipliés par 20 entre 1962 et 1969. Mais cette
manne pétrolière mal contrôlée entraîna la hausse
des prix et la naissance de bidonvilles. Le mécontentement
populaire grandit. Le 1er septembre 1969,
alors que le roi était parti en cure en Turquie, un
petit groupe dofficiers dirigés par le Colonel
Kadhafi, alors âgé de 27 ans, sempara du pouvoir.
Moammar Kadhafi, inspiré
par les thèses socialistes et unionistes de Nasser, se
fixa un double objectif :
- redonner à la nation
arabe, en la réunifiant, les moyens deffacer les
traces de la domination occidentale. La marque coloniale
était visée mais aussi létablissement de lÉtat
dIsraël. Pour Kadhafi, les sionistes avaient spolié
les Palestiniens de leur terre, avec laide des pays
occidentaux, surtout des États-Unis, et à la faveur de
la désunion du monde arabe. Toute laction
politique de Kadhafi à léchelle arabe et sur le
plan international sera alors pensée, orientée en
fonction de cette doctrine
- le second objectif découla
en fait du premier : il sagissait dinstaller
une forme de démocratie directe, de transformer les
institutions libyennes puis arabes, parce quelles
avaient fait la démonstration de leur incapacité à
permettre la réalisation de lunité. En 1977, la
Libye se proclama « Jamahiriya arabe libyenne
populaire et socialiste » (le mot « Jamahir »
signifiant « les masses »). Les partis,
parlements et autres modes de représentation, qualifiés
« perversions de la démocratie » furent
supprimés. Ainsi commença un long processus de prise dassaut
des institutions administratives et politiques dabord,
économiques ensuite, que les citoyens étaient en
principe invités à contrôler. Ce nouveau système est
décrit dans le « Livre vert » rédigé par
le colonel Kadhafi. Concrètement, le fonctionnement des
« comités révolutionnaires » ne différa en
rien de celui dun parti unique, avec comme chef le
colonel Kadhafi.
La bourgeoisie haute ou
moyenne (cest à dire les patrons dindustries,
les propriétaires immobiliers, les commerçants) fut dépossédée
moyennant une indemnisation. Les professions libérales,
jugées « incompatibles avec le pouvoir populaire »
durent se reconvertir. Le commerce disparut au profit de
magasins dÉtat.
Sur le plan
international, Kadhafi se voulut le grand adversaire de limpérialisme,
que celui-ci soit français, anglais ou surtout américain.
Ce type de discours lui valut la sympathie des mouvements
anti-impérialistes dans le monde, et avant 1990, le
soutien des Etats communistes. Cela le conduisit aussi à
accorder son aide à toutes sortes de mouvements de libération
nationale (groupes palestiniens, IRA, ETA, FLNC, FLNKS...).
De ce fait, les réseaux libyens sont impliqués dans
diverses opérations terroristes. Par ailleurs, plus de
dix régimes africains ont fait lobjet de
tentatives de déstabilisation.
Lisolement
libyen.
La guerre contre le
Tchad fut un premier échec pour Kadhafi. La présence
française sur une zone nord du territoire tchadien, la
« bande dAouzou », était perçue comme
une menace par les Libyens sur leur frontière sud.
Kadhafi annexa la bande en 1973. Après plusieurs années
dun feuilleton diplomatico-militaire, Tripoli dut
enfin concéder en 1987 un repli militaire proche de la déroute.
A la défaite libyenne sajouta
lhumiliation dun bombardement américain en
1986, sur Tripoli et sur la maison même de Kadhafi. Les
États-Unis sélevaient ainsi contre le rôle des
services secrets libyens dans des attentats terroristes
anti-occidentaux. Pour le régime libyen, le plus grave
fut que les pays arabes ne réagirent guère, ce qui
prouvait le très grand isolement de la Libye et la
lassitude générale à son égard. La Libye fut surtout
soumise par le Conseil de sécurité de lONU à un
embargo aérien pour obliger Kadhafi à livrer à la
justice internationale les auteurs présumés des
attentats contre des avions américains et français. La
Libye fut ainsi mise à lindex sur le plan
international. Elle adopta un profil bas qui explique son
absence quasi totale sur le terrain arabe lors de la
guerre contre lIrak en 1991.
A partir des années 90,
face à ces échecs et à la montée du mécontentement
social, le régime commença à amorcer un
repositionnement spectaculaire.
II - Le
repositionnement de la Libye -
La Libye noffre
plus aujourdhui le même visage : la page de
la révolution semble tournée, Kadhafi aspirant à
normaliser ses relations diplomatiques et à apaiser les
tensions sociales qui règnent à lintérieur du
pays.
Le retournement de
situation est tout dabord économique. Dès
1987, le changement passe par un désengagement de lÉtat,
une réouverture des petits commerces, le développement
dun secteur touristique longtemps vitupéré, le rétablissement
de certaines professions libérales et la privatisation dentreprises.
Surtout, les investissements étrangers sont encouragés,
quelle que soit leur nationalité.
En 1999, à la suite dun
accord autorisant les deux ressortissants libyens impliqués
dans lattentat de Lockerbye à être jugés aux
Pays-Bas, lONU suspendit lembargo qui
frappait la Libye. La fin de lembargo, longtemps désigné
comme la source de tous les maux, suscita un véritable
soulagement au sein de la population libyenne.
Sur le plan interne,
pour attester de sa volonté de normalisation, Kadhafi
franchit des étapes : en 1992, les mathabas (camps
de base) de la révolution sont dissous ainsi que le coûteux
Congrès du peuple arabe. Le régime mène une opération
de récupération des universitaires et cadres libyens
vivant et travaillant aux États-Unis, au Canada et en
Europe. Depuis 1998, Kadhafi créé des commandements
constitués en partie de chefs de tribus et se situant au-dessus
de toutes les structures. Ils visent à élargir le front
tribal qui soutient le régime. Il reste à savoir
comment cette décentralisation sera effectivement
pratiquée.
Malgré la richesse du
pays, la population voit son niveau de vie régresser au
fil des années, avec un taux de chômage estimé à 18%.
Faute de pouvoir sexprimer ouvertement, ce
ressentiment se transforme en racisme anti-Noir qui
tourne parfois à la chasse au bouc émissaire. En lan
2000, ce sont plusieurs centaines dAfricains
travaillant en Libye qui auraient été tués.
Le retour sur la scène
internationale
Kadhafi se pose désormais
en homme de paix. En 2000, la Libye, qui avait gardé des
contacts au sein de la mouvance musulmane philippine, était
bien placée pour jouer les médiateurs dans laffaire
des otages de Jolo. La libération des otages occidentaux
grâce à lintervention de Tripoli symbolise le
retour en force, pacifique, de la Libye sur la scène
internationale. Elle a condamné les attentats du 11
septembre et se déclare prête à coopérer dans la
lutte globale contre le terrorisme.
Le régime cherche également
à reprendre linitiative sur le terrain
diplomatique en se donnant un projet des plus ambitieux :
la constitution des « États-Unis dAfrique ».
En 1998, la Libye annonce officiellement labandon
du panarabisme au profit du panafricanisme.
La proclamation de lacte
constitutif de lUnion africaine (UA), en mars 2001,
a été lun des évènements majeurs de la
politique étrangère libyenne. Il sagit désormais
de bâtir des infrastructures communes, une coopération
économique, scientifique et culturelle. La Libye dispose
de nombreux atouts pour réaliser son rêve africain (influence
religieuse, aides financières). Cette politique porte dors
et déjà ses fruits puisque la Libye a obtenu le soutien
du groupe africain pour sa candidature à la présidence
de la Commission des droits de lhomme aux Nations-Unies
Si la Libye veut changer
de visage (par exemple par des progrès dans le statut de
la femme), les droits de lhomme sont loin dy
être respectés (emprisonnements, absence de liberté dopinion).
Lélection de la Libye, même si elle marque que
nous tenons compte du processus de normalisation dans
lequel elle est entrée, ne peut donc que susciter lémotion.
La France, avec tous les pays de lUnion européenne,
a avant tout fait le choix de respecter la candidature
des pays africains. Sopposer au vote des pays du
Sud naurait malheureusement servi quà
attiser les rancurs. Le vrai problème, estiment
les experts onusiens, est la tendance de plus en plus
confirmée à voter par blocs de pays.
Conclusion
Le résultat est
malheureusement une décridibilisation de linstitution
des Nations-Unies, au moment où elle doit jouer un rôle
majeur dans la crise irakienne. Les ONG avaient déjà déploré
labsence de critères de sélection pour être
membre de la Commission des droits de lhomme,
certains pays donnant limpression de nêtre là
que pour saboter les travaux de linstitution. Il
sera difficile de faire machine arrière
Pour la Libye, le vote
représente une « reconnaissance mondiale
historique du dossier vierge du pays dans le domaine des
droits de lhomme ». Il est infiniment
regrettable que les familles des victimes de la révolution
libyenne assistent ainsi à la négation de leur drame
personnel.
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